La pollution de l’air est un mal de l’époque moderne en ayant des conséquences réelles sur la santé des êtres vivants et l’environnement. Troisième cause de mortalité en France, elle nous prive de 9 à 15 mois d’espérance de vie. Les éléments dits « polluants » sont émis par l’homme (activités domestiques, industrielles, agricoles, transport des personnes et des marchandises…) et exacerbés par la nature (la pluie, le vent, le soleil,…). La Bretagne est la première région française émettrice d’ammoniac (NH3) d’origine agricole, polluant lui-même précurseur de particules très fines (PM2.5).

La pollution de l’air fragilise les protections naturelles des voies respiratoires et rend nos organismes plus vulnérables aux virus.

Il existe une corrélation forte entre particules fines et les infections par les virus respiratoires dont fait partie le coronavirus.  Une nouvelle étude de l’université de Harvard montre en particulier qu’une augmentation de 1 µg/m3 de pollution (PM2.5) augmente de 15% la mortalité au covid-19. Lutter contre la pollution de l’air permet d’assurer la protection de la population face à la pandémie Covid-19.

Pourtant, si une majorité de gouvernements – dont le nôtre – a pris des décisions radicales pour effectivement ralentir la propagation du virus, il semble que la lutte contre la pollution de l’air soit bien oubliée. Partout en France, les scientifiques et associations appellent les Préfets à prendre des mesures urgents pour limiter drastiquement les émissions liées aux épandages agricoles. Et les associations bretonnes ne sont pas en reste, bien au contraire.

CoBEN et plusieurs de ses associations membres ont transmis des courriers à destination des préfectures de Bretagne et du Conseil Régional, afin d’alerter sur 2 préoccupations majeures :

– La dégradation de la qualité de l’air en Bretagne :

Alors que le confinement est de rigueur depuis plusieurs semaines et que le trafic routier a drastiquement été réduit en conséquence, AirBreizh fait régulièrement état d’une dégradation de la qualité de l’air et a alerté sur des pics de pollution. La Bretagne enregistre ainsi une forte concentration de l’air en ammoniac, polluant émetteur de particules fines, en lien direct avec les épandages agricoles printaniers.

– La réduction des distances d’épandages à proximité des habitations autorisée par la Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, sans aucune concertation publique.

Déjà critiquées car trop insuffisantes pour permettre de protéger la santé des citoyens, les distances minimales d’épandages à proximité des habitations ont été réduites de 10 m à 5 m pour les cultures hautes et de 5 m à 3 m pour les cultures basses, dans un total déni de démocratie (cf. image ci-contre issue du site du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation).

Cette autorisation a été donnée sans qu’aucune charte d’engagements ne soit approuvée par le préfet, ni soumise à la concertation publique comme le prévoit pourtant la loi.

Par cette décision, il est sciemment fait le choix d’exposer la population rurale à la toxicité des pesticides dont les effets dévastateurs sur la santé, la biodiversité et l’environnement sont continuellement montrés par la communauté scientifique.

Retrouvez les communiqués de nos associations via ce lien.